dimanche, 23 mai 2010
Infidèles ?
[ Photo : "L'infidélité",
tableau du français Moreau.]
Dans de nombreux textes et traductions relatives à la religion de Mouhammad, on voit apparaître le mot : infidèle.
En arabe : a°l kafir.
Signification de ce mot dans le dictionnaire Le Petit Robert :
1° Qui est changeant dans ses sentiments.
L'exemple qui est pris est celui de la "femme infidèle" comme si cette attitude ne concernait que la gente féminine.
2° Qui ne respecte pas quelque chose. Exemple : qui est infidèle à sa parole.
3° Qui manque à la vérité, à l'exactitude. Exemple : un traducteur infidèle (que le Dieu m'en garde !).
4° Qui ne professe pas la religion considérée comme vraie. Exemple : le païen. Croisade contre les infidèles.
5° Qui est inconstant, traître. Exemple : Faire des infidélités à son conjoint, à son fournisseur.
De toutes ces définitions, il résulte que pour pouvoir être déclaré infidèle, il faut au préalable avoir été fidèle dans un premier temps ; ou avoir déclaré une chose "vraie" et ensuite, l'avoir renié.
Donc, peut-on traiter les gens d'une autre religion que la sienne d'infidèle, dans la mesure où, au préalable, il n'ont pas voué un culte à cette religion et ne l'ont pas reconnue comme vraie ?
Ne vous semble-t-il pas que c'est mettre la charrue avant les boeufs ?
La traduction de l'arabe kafir, est aussi celle de : mécréant, négateur.
Cela me semble plus fidèle au sens du mot utilisé dans le qour'an.
Personellement je préfère le mot ancien de mécroyant qui manifeste bien l'opposition entre croire et mécroire.
Le terme de mécréant sonne de façon péjorative et véhicule une attitude insultante à l'égard de ceux qui ne croient pas.
Le terme de négateur est quant à lui ambiguë, car il suppose que celui qui nie la vérité pourrait :
- tout aussi bien la connaitre et donc agir de mauvaise foi.
- tout comme être un ignorant ou manquer de foi.
Enfin pour prouver, s'il était besoin, que la définition d'un mot n'est pas chose facile, il faudrait aussi évoquer le cas des agnostiques, des athées, des idolâtres, des apostats, des hypocrites, sans oublier les amis de Molière : les tartuffes et autres pratiquants de la taqiya (takiya).
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samedi, 22 mai 2010
Barelvi / Déobandi
Excellent article trouvé sur Yahoo Q/R sous la plume de @ǝuıʌlnq :
Le mouvement Barelvi aurait vu jour dans la ville de Bareilly et plus précisément au sein d’une madrasa, la « Mullah Ahmad Raza Khan Barelvi ». L'école Barelvi suit l'enseignement de l'imam Ahmed Rida Khan et les Déobandi, les enseignements de l'imam Rashid Ahmed Gangohi. Ses deux écoles sont très présentes dans le continent indo-pakistanais.
Les Barelvi et les Déobandi sont [d'obédience] sunnite. Ils sont en général de fiqh (jurisprudence) hanafite, de 'aqida (doctrine) ashari'te ou maturidite et pratiqueraient tous deux le tasawwuf. Il existe de [nombreuses] divergences d'opinion entre ces deux groupes .
Site en anglais : http://qa.sunnipath.com
Un site en anglais très représentatif de mouvement Barelvi :
http://www.yanabi.com
Il y a d'autres sites également, mais très polémiques en ce qui concerne le mouvement Déobandi, ... et un forum où l'on peut trouver beaucoup d'informations sur ce mouvement http://www.sunniforum.com ; un des très grand chaykh de ce courant est le mufti Taqi Usmani : http://www.albalagh.net
Le mot Déobandi dérive du nom de la ville Deoband qui se trouve dans l'état de l'Uttar Pradesh du nord de l'Inde.
La Mosquée rouge au Pakistan en serait le haut lieu de ce mouvement.
L'école Déobandi aurait été une des sources de la pensée des talibans afghans.
En Inde, de même qu’au Pakistan et en Afghanistan, le culte des « saints » soufis tient une place centrale dans la religiosité populaire. Ces saints sont enterrés dans des darga°h, « sanctuaires », qui constituent en fait des lieux de pélerinage plus ou moins importants, tenus par un pîr, terme persan signifiant « vieil homme », « fondateur » ou « chef » d’un groupe religieux.
Dans le sous-continent indien, ce titre désigne une personne qui aurait hérité de pouvoirs occultes d’un grand ancêtre soufi. Les pîr distinguent la tariqa (voie soufi) à laquelle ils adhèrent, de la chari’a, et prétendent avoir reçu des connaissances ésotériques leur permettant d’accomplir des miracles et de communiquer avec le Dieu. La majorité des pîr, en Inde et au Pakistan, est constituée de descendants de grands maîtres spirituels soufis et ne se conforme pas toujours à la chari’a. Ces pîr tirent donc, parfois, davantage leur légitimité de l’hagiographie de leurs ancêtres que de leur connaissance et mise en pratique de la shari’a.
Les musulmans du sous-continent indien accordent une importance considérable aux pîr, dont les bénédictions sont censées apporter le succès dans tous les domaines de la vie. Leur rôle peut être comparé à celui des marabouts d’Afrique subsaharienne.
Les pîr jouent par ailleurs un rôle central lors des fêtes ayant lieu autour des darga°h, les plus importantes étant les urs (« noces » mystiques avec le Dieu), qui célèbrent l’anniversaire de la mort de "saints" soufis.
Les deux écoles de ‘ulama ("savants" musulmans) les plus importantes du sous-continent, les Deobandi et les Barelvi, ne sont pas du même avis quant au rôle des pîr. Les Barelvi préconisent la perpétuation des traditions populaires relatives au soufisme, aux lieux "saints" et au rôle des pîr héréditaires.
[Photo : un passeport musulman ! à quand "islam über alles" ?]
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vendredi, 21 mai 2010
Gloire, Argent, Sexe ?
Tout ce qui nous entoure nous appelle à être plus beau, plus mince, mieux habillé, à avoir une belle voiture, une maison spacieuse, un métier qui permet "de travailler plus pour gagner plus" ... une vraie liste de programme électoral au pays de Ken & Barbie ...
Et le Dieu Unique,
à quoi nous appelle-t-Il ?
1. Pour avoir des lèvres attirantes, prononcez des paroles de bonté.
2. Pour avoir de beaux yeux, regardez ce que les gens ont de beau en eux.
3. Pour rester mince, partagez vos repas avec ceux qui ont faim.
4. Pour avoir de beaux cheveux, faites en sorte qu'un enfant y passe sa main chaque jour.
5. Pour avoir un beau maintien, marchez en sachant que vous n'êtes jamais seule.
6. Les gens, bien plus que les choses, ont besoin d'être réparés, renouvelés, revigorés, récupérés et rachetés. Ne rejetez jamais quelqu'un.
7. Pensez-y : si un jour vous avez besoin d'une main secourable, vous en trouverez une à chaque bout de vos bras. En vieillissant vous vous rendrez compte que de vos deux mains, l'une pour vous aider vous-même, l'autre pour aider ceux qui en ont besoin.
8. La beauté d'une femme n'est pas dans les vêtements qu'elle porte, son visage ou sa façon d'arranger ses cheveux. La beauté d'une femme se voit dans ses yeux, car c'est la porte ouverte sur son coeur, l'endroit où est son amour.
9. La beauté d'une femme n'est pas dans son maquillage, mais dans la vraie beauté de son âme. C'est la tendresse qu'elle donne, l'amour, la passion qu'elle exprime.
10. La beauté d'une femme se développe avec les années.
QU'EST CE QUE VOUS DEMANDERA LE DIEU ?
A/ Le Dieu ne vous demandera pas quel genre de voiture vous conduisiez, mais Il vous demandera combien de personnes sans moyen de locomotion vous avez transportées.
B/ Le Dieu ne vous demandera pas la superficie de votre maison, mais Il vous demandera combien de personnes vous avez accueillies dans votre maison.
C/ Le Dieu ne vous demandera rien à propos des vêtements chics que vous aviez dans votre penderie, mais Il vous demandera combien de ces vêtements vous avez donnés aux nécessiteux.
D/ Le Dieu ne vous demandera pas votre statut social, mais Il vous demandera comment vous vous affichiez en public.
E/ Le Dieu ne vous demandera pas combien de biens materiels vous possédiez, mais Il vous demandera s'ils ont dicté votre vie.
F/ Le Dieu ne vous demandera pas quel était votre salaire le plus élevé, mais Il vous demandera si vous avez amélioré votre caractère pour mériter votre salaire.
G/ Le Dieu ne vous demandera pas combien d'heures supplémentaires vous avez accomplies pour gagner plus, mais si vous avez employé votre temps à des choses utiles aux autres.
P.S. Merci à "Soumise m" pour son apport à ce blog.
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jeudi, 20 mai 2010
After Prophet
Question de Yahoo/ QR
Réponse :
Mouhammad a annoncé qu'après lui, une bande d'illuminés allait saboter le qour'an et l'image de la Soumission au Dieu Unique qu'Il véhicule.
Et Mouhammad ne s'est pas trompé : dès sa mort, ses successeurs se sont entre-tués pour promouvoir leur conception du Dieu au travers d'une pseudo sounnah, d'hadiç (hadiths) erronés et d'un chari'a criminelle.

- comment il déféquait
- comment il s'essuyait de la main gauche
- comme il mangeait les ailes des mouches ..
2010 : une horde de mals rasés et de filles enchifonnées veulent envahir l'Europe et la mettre sous la coupe de la chari'a.
- transformer les femmes en fantômes et autres ectoplasmes.
- réserver les piscines municipales, donc laïques, aux femmes.
- promouvoir la violence comme mode de vie ... conjugal (cf. §S4.34 mal traduit).
La Preuve ?
2° Le prophète aaurait interdit que soit diffusé après sa mort autre chose que le qour'an. Mais les chefs musulmans cupides et pervertis avaient besoin de l'appui posthume du Prophète pour assoir un pouvoir basé sur le rapt, le vol et la prévarication.
3° Et cet argument, gardé pour la fin :
Trouvait il trop incompétents : a°li, a°bou bakr, 'ouçman et 'oumar ?
Ou a-t il pensé comme on le prète généreusement au Général de Gaulle ? :
Après moi, le déluge !
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mercredi, 19 mai 2010
Faire le ménage
Extrait d'un dialogue avec un Q/Riste du site Yahoo Questions/Réponses
[Quand les "vrais" musulmans vont-ils faire le ménage chez eux ?]
>>> Nous disons : quand les (vrais) Soumis au Dieu Unique vont-ils faire le ménage chez eux ?
[... et se démarquer totalement, par des prises de positions officielles, de l'intégrisme, du terrorisme, du prosélytisme, du communautarisme, du dogmatisme, du religionisme, du christianisme, du judaïsme, de l'islam(isme)...]
>>> ...et se désolidariser totalement, par des prises de positions PERSONNELLES, de tous les "ismes" qui font du parasitisme à la Parole du Dieu. Il n'y a pas de leader de la Loi, juste un imam (un chef de file) invité par sa communauté, selon les 3 critères dégressifs : 1° le plus craintif du Dieu, 2° à défaut, le plus instruit, 3° à défaut, le plus âgé, à l'accompagner sur le chemin du Dieu.
PROSELYTISME :
Zéle déployé pour faire des adeptes à une religion (dictionnaire le Robert).
Là on ne peut pas être d'accord : même si on sait que c'est le Dieu Unique qui convertit les coeurs, on ne peut pas empêcher les croyants de faire du zèle pour communiquer leurs convictions.
On ne doit pas avoir peur de le dire : je fais du prosélytisme !
La question est : Quels moyens légitimes utiliser ?
COMMUNAUTARISME
- On ne peut reprocher à des personnes de rechercher à vivre avec des gens qui leur ressemblent.
- On doit cependant trouver les passerelles qui font que les humains communiquent : l'école par exemple.
# Dommage, monsieur Chirac que suite à votre fidélité au Général de Gaulle, vous ayiez cassé ce merveilleux outil de brassage des communautés qu'était le service militaire. A cause de vous les utilisations intempestives du "kärcher" de votre fils spirituel vont augmenter.
[L'heure viendra de faire un choix, car les musulmans de France ne pourront plus longtemps jouer un double jeu.]
>>> OUI ! L'heure du choix est déjà là.
[Ils doivent aujourd'hui condamner fermement tous les errements cités plus haut, mais également comprendre que s'ils peuvent vivre librement leur foi, elle ne doit aucunement être imposée aux autres, de quelque manière que ce soit.]
>>> OUI ! Moins les restrictions déjà énoncées, il faut que les communautés vivent librement leur foi. La Laïcité bien comprise devrait y aider. Mais certains en ont une vision fachisante et ce n'est pas en retirant le droit aux jeunes femmes de confession musulmane de porter leurs attributs religieux, que l'on va améliorer le climat de sérénité (religieuse) en France.
Jusqu'à ce jour, le port du voile ne dérangeait personne et il a fallut qu'un parti politique, pour réussir à faire élire son candidat, épouse les positions de son aile droite extrémiste pour que le bel équilibre de la paix sociale soit définitivement perturbé en France. Ave Le Pen ! Tu as perdu les élections, mais tes idées ont gagné le coeur de la majorité des français.
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mardi, 18 mai 2010
Kazimirsky
Albin de Biberstein Kazimirsky (1808 - 1887) véritable érudit de la langue arabe a traduit le qour'an en français, de même qu'il est aussi l'auteur d'un dictionnaire Arabe - Français en 2 volumes, édité à la Librairie du Liban à Beyrouth : un ouvrage extrèmement bien documenté qui confirme sa parfaite connaissance des subtilités de cette langue. L'édition originale date de 1860 (Paris Maisonneuve & Cie).
Mais, dire que la traduction du qour'an par Kazimirki est pour le moins approximative est ... un euphémisme. Car, s'il a résolu de nombreuses difficultés grâce à sa connaissance approfondie de l'arabe ainsi que des dialectes algériens et marocains, Albin de Biberstein ...
...n'en reste pas moins une personne de confession judaïque qui pense que le qour'an ne vaut pas ... son pesant de cacahuètes ...
... et qui prétend - comme M. de Hammer (un autre judas-hic) qu'il cite dans sa traduction - que le Prophète mouhammad (qu'il nomme "Mohammed") est le fils spirituel du cousin de sa première épouse Radija (Khadija) : le moine warka bin naufal, un Koraïchite, selon lui très versé dans les Ecritures et qui aurait été le premier traducteur de la Bible en arabe.
Ce qui impliquerait que le prophète mouhammad, après avoir subi l'influence de l'enseignement du chrétien arianiste waraka bin naufal, aurait écrit son "Koran" sous un flux de réminiscences des faux et apocryphes comme des vrais et authentiques passages de la Bible.
Autant d'affirmations qui n'engagent que leur auteur qui ne pratiquait pas la religion de mouhammad et l'a visiblement étudié comme le célèbre entomologiste Fabre a étudié les mouches : c'est à dire mortes et épinglées sur les planches anatomiques qui décoraient son cabinet de travail.
Voici ce qu'en dit le Centre Européen des Religions :
"Albert de Biberstein Kasimirski ou Kazimirski (1808-1887), d’origine hongroise, était drogman (nom donné aux interprètes représentant la France dans les Échelles du Levant). Chargé de réviser la deuxième traduction du Coran en français, celle de Savary (1783), il fit sa propre traduction (Paris, Charpentier, 1840, 576 p.). Il s’est inspiré des travaux antérieurs du clerc italien Marracci (1698), de l’Anglais Sale (1734). Comme toutes les versions des XIXe et du début du XXe siècles, il ne cherche pas à suivre de près l’original arabe. Malgré les critiques, cette traduction en langue française classique est constamment rééditée.
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lundi, 17 mai 2010
Appel ou conversion ?
Ce que certains nomment "conversion", je préfère en parler comme de l'Appel du Dieu Qui a créé le ciel et la terre et ce qui est entre les deux : l'homme. Car c'est Lui Qui nous guide vers Son chemin. Et nul ne peut y cheminer sans qu'Il en ait décidé. On ne devrait pas dire "je me suis converti à..." mais "j'ai répondu à l'Appel du Dieu Unique".
Aussi, à la demande de nombreux croyants, je m'en vais vous conter l'histoire de ma rencontre avec la Loi révélée à mouhammad (pbsl).
Récit d'un Appel du Dieu :
C'était un mois d'août caniculaire, comme celà arrive souvent en région parisienne. Le soir, j'étais vendeur d'assurances et je venais de terminer ma tournée dans le 18° arrondissement de Paris. Je m'apprétais à rentrer au bureau. L'après midi avait été bonne et c'est la sacoche gonflée de plusieurs contrats que je m'acheminais vers le siège de la compagnie qui m'employait. La chaleur qui m'accablait depuis le début de ma tournée, me faisait envier ceux qui se prélassaient aux bord de la mer et se livraient aux joies de la plage. Je me disais qu'il suffirait que je passe au guichet de ma banque pour récupérer le solde de ma paye du mois précédent et qu'avec cette somme, même modeste, je pourrais partir quelques jours goûter aux charmes de la Côte d'Azur près de laquelle j'étais né 20 ans plus tôt. Mais le Dieu Qui sait tout en avait décidé autrement et me réservait une belle surprise.
Au moment même où j'avais terminé de formuler mon voeux, je me suis retrouvé nez à nez avec la porte de mon agence bancaire, pourtant distante de plus de quatre kilomètres de mon point de départ et dans la direction opposée à celle que j'aurai dû prendre pour remettre mes documents. Je pris alors conscience de la curiosité de la situation et entrais dans l'agence où je soldais quasiment mon compte. Puis pressé de rentrer chez moi, j'empruntais le métro pour regagner la chambre de bonne que j'occupais au dessus de l'appartement de mes parents. Là j'eu vite fait de récupérer un petit sac de voyage du modèle qu'utilisent les hotesses de l'air pour voyager léger : une carte d'identité, un tube de dentifrice et sa brosse, deux ou trois bricoles et je me retrouvais déjà à prendre une série de bus dont l'un me déposa sur une aire de stationnement de l'autoroute A6 en direction de Lyon.
J'étais toujours habillé en costume cravate et avais corsé l'étrange de la situation en emportant un parapluie écossais qui me donnait l'air d'un gentleman allant à la noce. Que j'allais à un mariage, c'est ce que cru le premier automobiliste qui m'emmena dans sa puissante voiture jusqu'au delà de Lyon. J'avais déjà voyagé en auto stop avec mon frère et je savais que le meilleur moyen d'aller vite, était de se faire déposer à une station service plutôt qu'à une sortie d'autoroute. Il est plus facile de discuter avec un conducteur dont le véhicule est à l'arrêt pour faire le plein que lorsqu'il roule à toute allure. C'est ainsi que de station en station, je me retrouvais à Toulon vers trois heures du matin.
J'ai marché des heures le long de la corniche en essayant de comprendre ce qui m'arrivait. Quand vers 6 heures du matin la 2CV camionnette d'un marchand d'oeufs m'embarqua à son bord, je n'en savais toujours pas plus sur le but de mon voyage. Ce joyeux chauffeur allait en Italie, je l'ai donc suivi dans sa tournée et de limousine en camions, de conduites intérieures en décapotables, voila que je me retrouve à la frontière d'un pays qui n'existe plus aujourd'hui : la Yougoslavie. La vie des Yougoslaves était difficile à cette époque, mais beaucoup plus libre que dans les autres pays "frères". Il se faisait tard et vu la modestie du prix des chemins de fer dans ce paradis du communisme, je me résolus à prendre le train qui me permit d'arriver directement en Grèce. J'étais en chemin depuis trois jours et trois nuits déjà, me nourissant peu et ne buvant que lorsque l'occasion m'en était donnée. Je vivais comme dans un rêve éveillé et je me pinçais souvent la joue pour vérifier que je ne dormais pas dans mon lit parisien. Mais non ! J'étais bien là, sur une route ensoleillée de la Grèce moderne quand un jeune iranien au volant d'une Peugeot flambant neuve me proposa chemin faisant de visiter l'Iran du Shah et plus particulièrement Téhéran où résidait son père qui l'attendait après 4 ans passée à étudier en France. Ce raid de près de 3.000 kilomètres m'enchantait. Voir la Perse, ses ors et ses splendeurs ! Qui aurait pu penser, trois jours plus tôt que j'allais découvrir ce pays lointain.
A l'aube du quatrième jour, nous arrivâmes vers les cinq heures du matin sur le plateau qui domine Istamboul et le Bosphore. Le soleil venait commençait à se lever et quelques rayons indisciplinés jaillissaient déjà entre les collines situées à l'Est, de l'autre côté de la Corne d'Or. Chaque trait de l'astre faisait étinceler de mille étincelles les coupoles et minarets de la grande ville. Puis un brasier flamboyant illumina l'air ambiant et ce fut une féérie de courts circuits qui fusaient en tous lieux. Ebahi devant un tel spectacle, je m'entendis dire à mon jeune compagnon : "Je suis arrivé chez moi, je ne vais pas plus loin !" Il fut évidemment incrédule au paroles de celui qui tout au long du voyage lui avait témoigné sa gratitude et son enthousiasme à l'idée de visiter son pays. Mais j'étais moi-même stupéfait des mots que je venais de prononcer, comme si celà avait été ceux d'un autre. Toujours est-il que je le quittais à l'embarcadère qui mène à la partie asiatique de la ville.
J'ai vécu sur mes réserves financières tout le mois d'août, voyageant à travers la Turquie en utilisant les lignes d'autocars qui relient toutes les villes entre elles. J'ai ainsi visité Antalya près de la frontière syrienne, Konya, l'ancienne Iconium, ville des derviches tourneurs et la capitale administrative Ankara. Le mois de septembre était déjà bien entamé quand je dus rentrer à Istamboul pour récupérer le passeport que j'avais commandé à l'ambassade de France, moi qui était parti avec une simple carte d'identité. Sur place j'appris que l'Office National d'Immigration recherchait un turc sachant parler français. En bon commercial qui avait appris à retomber comme un chat sur ses pattes, je compris qu'il y avait peut-être là une opportunité pour continuer à résider dans cette Turquie qui commençait à me plaire vraiment et dont j'étais tombé amoureux comme d'une femme. Je me présentait donc à l'O.N.I. et avec un aplomb qui m'étonne encore j'annoncais fièrement que j'étais un français qui parlait courament le turc. Au fonctionnaire ébahi, je récitais une phrase que j'avais apprise par coeur pour appuyer mes dire, qui commençait par : "çok bir kuz evlenmek istiyorum..." (je veux épouser une belle fille...). Quand il me demanda combien je croyais que j'allais gagner, je compris que l'emploi était pour moi.
Bombardé secrétaire du directeur des affaires commerciales, c'est à dire chargé de la bonne tenue des dossiers des candidats turcs, au départ vers la France de l'emploi : et oui, celà a existé ! L'ambiance des bureaux était-elle bon enfant ou est-ce moi qui magnifie mes souvenirs ? Toujours est-il que je me fis rapidement plein d'amis parmi les collaborateurs, tous turcs, de cette noble mission qui consistait à procurer un emploi aux ressortissants de ce pays et à satisfaire la demande des entreprises françaises, en ouvriers du bâtiment, de l'automobile et des forêts.
Parmi ces employés un jeune homme aimait bien m'expliquer que c'était en Turquie que l'on trouvait les plus belles maisons, voitures, femmes, activités intellectuelles et sportives. Evidemment, jeune français, fier à la limite de l'orgeuil de sa patrie à laquelle il venait de sacrifier une année, passée sous son drapeau tricolore, je me faisais un joie de le détromper de ses illusions nationalistes et de lui assèner les preuves irréfutables de mes affirmations de supériorité gauloise. Sa mine déconfite me réjouissait et n'appellait même pas de compassion de ma part.
Un jour pourtant, il me dit : "Tiens, je vais te montrer quelque chose dont je suis sûr que tu ne l'as pas en France. Le soir, le travail achevé, je le suivis avec le petit air goguenard de celui qui est sûr de son fait et je me retrouvais au sein de l'une des belles mosquées proches de l'avenue Istiklal.
J'y revins plusieurs soirs après la Prière à laquelle participait une grande assemblée disposée en rangs serrés. J'engageais alors de longues conversations sur la Loi révélée au Prophète mouhammad, avec un vieil imam auquel je ne devais pas tarder à réciter un jour l'attestation de foi au Dieu Unique, la chahada :
"a°chadou a°n la° i°laHa i°lla°-l lah,
j'atteste qu'il n'y a de Dieu qu'Allah",suivie de :
"waRda-hou la° charîka lahi .
Il n'y a pas d'associés au Dieu".
Il me recommanda d'adopter un nouveau prénom : chayR (indûment francisé en "Cheikh" et prononcé par les arabes, selon les pays : [chaîr] ou [chîr].
J'avais répondu à l'appel du Seul Dieu et m'étais joint à la commnauté des Soumis (mouslim en arabe, "musulman" en néo-français). Amin.
Si ce récit vous inspire un commentaire, n'hésitez pas à l'écrire ci-dessous, car quel qu'en soit la teneur, il sera toujours perçu comme un bienfait et une douceur dans ce monde de brutes, de mécroyants et de semeurs de désordres.
00:15 Écrit par Bonnes Nouvelles dans Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : dieu, appel, conversion, coran, bible, foi, jésus |
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