mardi, 08 juin 2010
Infidèles, mécréant ?
Question : pourquoi les "musulmans" traitent-ils certains d'infidèles ou de mécréants ?
Infidèles : un infidèle n'est-il pas censé avoir trahi sa fidélité ? Alors pourquoi traiter d'infidèle celui qui n'a jamais juré fidélité à une religion et particulièrement à celle de ceux qui se disent musulmans ?
Oh, je connais l'argument de la défense ! Tous les hommes sont nés "musulmans", alors s'ils ne reconnaissent pas le qour'an et la sounnah, ils leur sont infidèles ainsi qu'à leur Seigneur.
Si vous remplacez "musulman" par Soumis au Dieu, ce qui est l'un des sens du mot arabe mouslim, vous pouvez tout aussi bien avoir à faire à un chrétien ou à un juif qui s'est soumis au Dieu selon sa compréhension, laquelle sera jugée, pesée, examinée, ainsi qu'il est écrit, par le Dieu, et ce au Jour du Jugement (1). Est-ce à nous de valider ou d'infirmer leurs croyances ? Selon les Ecritures, la réponse est claire : Non !
Mécréant est un terme péjoratif. Le vrai mot est celui, certes inusité (la faute ç qui ?), mais plein de sens, de : mécroyant, participe présent du verbe mécroire (2). Et ne me dites pas qu'il n'est pas dans le dictionnaire. Quel dictionnaire ? Le petit Larousse en 3 volumes ? Croyez-vous que la langue française se limite à ce qui est contenu dans cet ouvrage ? Lisez la littérature classique et vous m'en direz tant.
Alors cessons de traiter les autres de mécréants et d'infidèles et cherchons plutôt à nous concentrer sur notre désir et capacité d'obéissance aux commandements du Dieu Unique. Si nous avons envie d'en découdre avec les partisans des autres religions, les Ecritures nous invitent à rivaliser entre nous sur le champs de bataille des bonnes oeuvres plutôt que celui des invectives, de prêches stériles ou des guerres soit disant saintes.
(1) qour'an §S.39/46 :
qouli-l laHoumma fa°Tira-s sama°wa°ti wa-l a°rDi
Dis: Ô Dieu ! Créateur des cieux et de la terre,
‘alima-l Raybi wa-ch chaHa°dati
Connaisseur de l’invisible et de l’apparent !
a°nta yahkoumou bayna ‘iba°di-ka
C'[est] Toi [qui] jugeras entre Tes serviteurs
fî ma° ka°noû° fî-hi yaRTalifoûna
sur ce en quoi ils étaient divergeants.
(2) Le verbe mécroire dans la littérature :
mécroire, verbe intransitif (se conjugue comme croire)
Refuser de croire.
"On en pourra gloser, on en pourra mécroire." [La Fontaine, Fiancée.]
PROVERBE :
"Il est dangereux de croire et de mécroire."
Activement.
"Mais il ne faut telles choses mécroire." [La Fontaine, Aveux.]
"Pour vos Génevois, depuis que vous y êtes, ils sont non-seulement mécroyants, ils sont encore devenus tous de beaux esprits." [Voltaire, Lett. du roi de Prusse, 8 janv. 1766 ].
Conjuger le verbe mécroire ?
http://www.leconjugueur.com/php/newconjugue.php?verbe=m%E9croire&lang=fr&fullscreen=Y
00:05 Écrit par Bonnes Nouvelles dans Spiritualité | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags : mécréant, mécroyant, mécroire, infidèle, infidèlité, croyance |
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